Les sécheresses à répétition, avec leur cortège d’interdictions, et les alertes sur la pollution des nappes phréatiques persuadent de plus en plus de Français d’équiper leur maison pour récupérer l’eau de pluie, voire la rendre potable pour la consommer. Une installation vertueuse, mais coûteuse et techniquement délicate.
Les petits qui se font discrets, adossés au mur, les bien ventrus étalés au sol, les géants ancrés dans la terre : tout s’arrache ! Cuves, réservoirs, citernes ou tonneaux, en plastique, rigides, souples ou en béton, de 300 litres comme de 20 000 litres… Stocker l’eau de pluie est devenu une évidence ces deux dernières années. Une manne descendant des gouttières, par gros temps de sécheresses et d’inflation.
Chez Leroy-Merlin, on observe, « depuis l’été 2022, une accélération des ventes assez folle, allant jusqu’au triplement, autant sur les récupérateurs aériens que sur les cuves enterrées, de taille de plus en plus grande ».
Récupérateur d'eau de pluie : comment faire le bon choix ?
La cuve extérieure est un élément essentiel d’un système de récupération d’eau de pluie. Pratique et facile à installer, ce dispositif permet d’arroser son jardin à volonté sans aucune incidence sur sa facture d’eau. Il est ainsi à la fois écologique et économique.
En raison de son volume réduit, la cuve extérieure est rarement utilisée pour alimenter les sanitaires. Elle est en revanche assez pratique pour l’arrosage de la pelouse, du jardin ou d’un parterre de fleurs ; l’irrigation des petits vergers ou potagers; ou encore le nettoyage de la voiture et des divers outils de jardinage.
Un récupérateur d’eau de pluie est souvent facile à installer. Ce dispositif ne requiert pas de gros travaux pour transformer les systèmes d’évacuation existants ; en effet, les récupérateurs d’eau de pluie se montent directement sur la descente de la gouttière et récupère ainsi les eaux de pluie collectées sur la couverture (les eaux de ruissellement sont en majorité orientées vers la cuve). Le trop-plein est rejeté dans le regard de la gouttière.
Une cuve extérieure est en général d’une capacité de 200 à 2 000 l (ou plus, selon les fabricants) , faites en polyéthylène, une matière légère et facile à manipuler, livrée avec un filtre grossier à mettre en place en amont du collecteur, souvent une sorte de crapaudine installée en tête de descente pour empêcher les feuilles d’arriver dans la cuve. Equipée d’un robinet, la cuve assure la distribution de l’eau recueillie (la pression provient de la gravité).
En fonction des modèles et de leur taille, la cuve peut :
- disposer d’un raccord fileté de deux pouces (2’’) permettant d’accueillir un robinet ou un bouchon ;
- être munie d’une pompe immergée dans le fond du réservoir pour y raccorder un nettoyeur haute pression ou un tuyau d’arrosage ;
- avoir une pompe équipée d’une poire de niveau servant à arrêter le débit dès que le fond du réservoir a été atteint. La puissance de la pompe (ainsi que son débit) doit être choisie en fonction de la capacité de la cuve.
Pour la capacité adaptée, il est nécessaire de calculer ses besoins, en se basant sur un volume minimum de 1 500 l , considérant qu’il faut en moyenne 15 l/m², sachant qu’il est de mise de réévaluer le volume du réservoir en fonction de la surface du terrain.
Attention de respecter la loi : une erreur d’installation peut vous coûter cher !
La récupération d’eau de pluie est autorisée en France, mais strictement encadrée par la loi. Cette pratique s’inscrit dans un double contexte : la lutte contre le gaspillage des ressources et la protection sanitaire des réseaux d’eau potable.
Depuis l’arrêté ministériel du 21 août 2008, l’usage de l’eau de pluie est réservé à certaines fonctions bien définies, en particulier :
- À l’extérieur du bâtiment : arrosage des espaces verts, nettoyage des véhicules, lavage de voirie privée.
- À l’intérieur : alimentation des chasses d’eau et lavage du linge (hors laveries collectives), sous réserve de conditions techniques précises.
L’eau de pluie ne peut être ni bue, ni utilisée pour la cuisine, la vaisselle, l’hygiène corporelle (douches, bains, lavabos). Elle doit être collectée uniquement à partir de toitures non accessibles au public, hors matériaux amiantés ou contenant du plomb.
Le stockage doit se faire dans des cuves opaques, étanches, protégées de toute contamination extérieure. En cas d’usage intérieur, la déclaration en mairie est obligatoire si le logement est raccordé à l’assainissement collectif.
La loi française protège rigoureusement les réseaux d’eau destinée à la consommation humaine. Tout raccordement — direct ou indirect — entre un réseau d’eau de pluie et le réseau public d’eau potable est formellement interdit et est passible de 3 ans d’emprisonnement et de 45 000 € d’amende.
Il n’est pas nécessaire qu’une contamination soit constatée : le simple risque suffit à engager la responsabilité pénale du propriétaire ou de l’installateur.
Conclusion
La cuve extérieure fait partie d’un système collectant la pluie pour couvrir ses besoins en eau au quotidien (arrosage, drainage, lavage, etc.). Économique et écologique, cette solution permet de réduire sa facture d’eau.